Aujourd’hui, les femmes de presque tous les pays ont une arme de revendications : c’est le Conseil international, qui, en 1888, naquit d’un Congrès à Washington, et d’un autre à Chicago, en 1893.

D’année en année, le Conseil international des femmes, constitué par un bureau de sept membres et tenant des assemblées quinquennales, a vu s’affilier les groupements féministes constitués dans chaque pays en Conseil national.

D’abord, le Canada, puis, successivement, la représentation des femmes suédoises, anglaises, celles de la Nouvelle-Zélande. Puis ce fut le tour de la République Argentine, de la Suisse, de l’Autriche, de la Norvège et de la Belgique. En 1906, vingt et un Conseils nationaux étaient entrés dans cette confédération des intérêts féminins.

L’avenir est là. On l’a vu aux Congrès de Londres, de Berlin, au Congrès interquinquennal de Paris. On le verra de plus en plus, le jour où la femme qui, jeune fille ou mariée, ne peut disposer de son argent, pourra, grâce à de plus justes lois, disposer de ce qui lui appartient et le mettre au service de la cause commune.

On ne saurait nier la magnifique éclosion d’idées, le mouvement que par la presse, les revues et journaux féministes, les conférences, les groupements, Sociétés, Congrès de toute nature, ont affirmé, en ces dernières années, les efforts de la femme française.

Là, l’élite remplace le nombre. Mais le nombre viendra, soyons-en sûrs, à l’élite par l’élan invincible des circonstances. Souvent, à la lenteur du progrès, on ne mesure pas la marche des grands mouvements économiques et sociaux. On entend des craquements, on voit des fissures, et l’on perçoit bien qu’un grand fleuve souterrain circule.

Tel est le destin de la poussée féministe.

Elle s’amasse, elle s’accroît, elle rallie les hésitantes, elle fait corps avec toutes les faibles, elle se lasse autour des révoltées.

Bientôt, le fleuve crèvera de terre. Et la femme aura accompli sa révolution.

LA VOIX DES FEMMES