Toinette sourit.
—Ah! maligne, vous me jugez égoïste pour mon fils, comme toutes les mères; hélas! mon pauvre André n'est pas parfait, lui mais tel qu'il est, il vous aime bien…—Et vous?
Toinette n'osant répondre, baissa les yeux, toute rose; l'idée qu'elle rougissait la fit rougir plus fort, et toute éperdue, elle jeta son visage, empourpré jusqu'aux épaules, contre le sein de Mme de Mercy. C'est dans les bras l'une de l'autre, causant, les mains unies, mais l'esprit en éveil, et s'observant déjà mutuellement, qu'André les trouva, en rentrant, une heure après.
Il exigea que sa mère dînât avec eux. Et Toinette discrètement sortit, les laissant seuls.
Souvent, au sortir d'un dîner d'apparat, André avait vu le visage de commande et le sourire mondain de sa mère, faire place à une expression d'amertume et de vieillesse; il eut la même impression quand, d'un mouvement spontané, elle lui prit la main, lui jetant, avec un éclair dans les yeux, ce seul mot âpre:
—Eh bien?
Tout un monde de questions tenait là.
—Eh bien,—répondit-il doucement,—tu as vu ma femme? (Ce mot faisait mal à l'oreille de sa mère.) Tu vois comme elle est tendre, bonne, jeune de coeur et d'esprit; elle t'adore déjà, sois-en sûre.
Mme de Mercy eut un fin mouvement de lèvres, et son regard impatient sembla dire:
—Ensuite?