—André qui n'est pas là!—balbutiait Toinette, le coeur gros, comme si c'eût été sa faute.
—Je le sais, ma chère. Je ne suis pas venue pour lui, c'est vous que je veux connaître et aimer.
Et les yeux de Mme de Mercy, fanés et fatigués, s'animèrent d'un beau reflet, en regardant la jeune femme, dont elle tenait les mains dans les siennes.
—Mais asseyez-vous,—murmura Toinette, toute gauche.
—Mon Dieu! que vous êtes fraîche et jolie!—dit la mère.
Toinette rougit, puis sourit, gagnée par la bienveillance empreinte sur le visage, encadré de cheveux gris, de la vieille femme.
—Voulez-vous m'aimer?—dit celle-ci en l'attirant.
Toinette l'embrassa:
—Êtes-vous guérie au moins, vous avez été malade?
—Oui,—dit Mme de Mercy qui hésita, avec la confusion de ne pas dire vrai,—oui! mais maintenant je vais mieux, très bien même; regardez-moi encore: vos yeux sont bons, ils sont francs, vos lèvres sont belles; vous avez une blancheur de peau qu'envierait la comtesse de Suzy, une beauté blonde, pourtant. Allons, ma chère, vous êtes parfaite, et la vraie femme d'André! il sera heureux!