Puis il hésita, en proie à des scrupules, et parlant haut comme pour penser clair, il allait et venait dans l'appartement.

—Voyons, d'abord, amie, ne t'afflige pas, cela arrive dans tous les ménages. Les beaux-parents transportés de joie promettent, puis ne tiennent pas; moi je ne leur demanderais rien, si je m'écoutais. Cependant ils ont promis, donc ils doivent. À tel point que cet argent, tu t'en souviens, était destiné à payer nos termes. Si j'étais plus riche, j'aurais l'orgueil de ne jamais réclamer un sou. Le puis-je ici? le dois-je? Non, que diable. Il est juste que tes parents nous aident dans la mesure du possible. Est-ce vrai?

—Oui, dit-elle, sans conviction.

«D'autant plus, n'osa-t-il dire tout haut, que ma mère se sacrifie bien, elle qui n'a rien promis, qui ne doit rien.»

Il reprit:

—Dans tous les pays du monde, on aide les enfants.

—Chez moi,—dit-elle tristement,—ce sont les hommes qu'on aide, vois
Guigui, il a mangé tout l'argent de ma soeur et le mien.

—Oui, dit André, aussi je n'en fais guère compliment aux tiens. Que faire? Dicte-moi ma conduite, vois, décide.

—Écris!—dit sa femme. Et lui passant les bras autour du cou, elle abdiqua bravement ce qu'elle avait d'orgueil et d'amour-propre.—Seulement, ajouta-t-elle, écris gentiment!

André s'adressant aux Rosin, fit valoir dignement ses droits, rappela leur promesse, dit combien les difficultés d'un jeune ménage étaient pressantes, impérieuses, fit appel à leur tendresse et à leur dévouement.