Mais ces lettres échangées devaient longtemps leur rester sur le coeur. Si André et sa femme s'étaient moins aimés, la malpropre question d'argent les aurait aigris. Ils évitèrent cette brouille et se serrèrent plus fort l'un contre l'autre.

Mais ce ne fut pas sans souffrir.

Ne parlaient-ils plus de cela, ils en gardaient le poids sur la poitrine. En parlaient-ils, leurs paroles étaient choisies, mais acerbes. Et André s'inquiétait. Toinette, qui maintenant souffrait de ses parents, ne se laisserait-elle pas reprendre un jour à l'habitude? Alors, excusant les siens, c'est son mari qu'elle blâmerait, pour ses paroles justes, mais âpres.

Les Rosin, dans leur égoïsme, ne se souciaient guère de cela. Ils écrivirent depuis sans jamais parler des conventions faites, comme s'ils ne doutaient pas que leurs enfants fussent heureux, prospères, très enviables.

Le terme échut.

Toinette demanda avec anxiété:

—Qu'allons-nous faire?

André se mit à rire.

—Je prêterai ma montre à une administration bienveillante, qui me comptera une centaine de francs en échange; que veux-tu?—fit-il en la voyant humiliée,—plus d'un Parisien y passe. Et puis personne ne le sait. Enfin est-ce que devoir à un ami ne te gênerait pas davantage?

Toinette pensive ouvrit un écrin, choisit un bracelet et ajoutant sa petite montre de jeune fille: