Plus d'une fois, Mme de Mercy avait dit avec une voix de reproche:
—André! André!…
Elle était soucieuse de l'avenir; bien que les Rosin eussent promis une rente de quatre cents francs par an, elle restait inquiète. Les derniers jours, elle gardait André avarement, le couvrait de caresses, avait des paroles tendres, qui imploraient.
«Était-il donc si malheureux, pour la quitter, l'ingrat?
L'aimerait-il encore, quand une autre, étrangère, serait là? Du moins était-il heureux? Les années qu'ils ont vécues, mère et fils, ensemble, ont été pourtant douces! (Elles le paraissent surtout, à ce moment final.) Ils n'ont rien à se reprocher l'un à l'autre, n'est-ce pas?»
Et elle évoquait des souvenirs, le passé; ils parlaient de Lucy, leur chère morte. Qu'elle serait heureuse, maintenant, de voir son frère se marier, qu'elle aimerait sa belle-soeur!…
—Mais elle nous voit,—disait Mme de Mercy en levant les yeux. André baissait la tête.
Le jour du départ arriva enfin.
André et sa mère devaient quitter Paris, le même jour, lui pour Châteaulus, elle pour aller passer quelque temps à Compiègne, dans la maison de campagne de Mme d'Ayral.
Le soir venu, il conduisit Mme de Mercy à la gare.