— Coupez-lui la retraite ! ordonna Mme Boubie. Isidore, veux-tu, prends le râteau.

Mais le poulet, ayant rebroussé vers Mme Boubie mère et fait une feinte du côté de M. Boubie, fila entre Criquette et Loulou, qui écartaient en vain bras et jambes.

Alors la chasse commença. Tandis que les enfants poussaient des cris sauvages, qui attirèrent à leur barrière les Cantaloubre, gouailleurs, la bête, avec une astuce décevante, se dérobait par de brusques crochets ou de soudaines attaques, qui faisaient reculer précipitamment Mme Boubie et arrachaient des cris de terreur à Ursuline.

— Quand je vous dis qu’il est méchant ! Y en a un, dans mon pays, qui a tué un gendarme.

« Oui, répéta-t-elle, animée, même qu’il est tombé de son cheval et s’est embroché sur son sabre. »

— Vous m’en direz tant ! maugréa M. Boubie.

— Un sabre ! répéta Mme Boubie. Si tu allais chercher celui de M. Jouin ?

— Pourquoi pas le fusil du douanier ? ricana M. Boubie.

Il lança le râteau si adroitement sur le poulet qu’il faillit éborgner Ursuline.

Mais Mme Boubie, malgré sa graisse et son poids, fondit souverainement sur le poulet et s’en empara, malgré sa résistance éperdue et ses cris désespérés.