Madame Goulart. — Le beau mérite ! Ils habitent à la porte.

Zoé Lacave. — M. Girolle vous a envoyé douze bouteilles du vin phosphoré Vigor-Lux.

Madame Goulart. — Pour m’empoisonner. Qu’on jette cette saleté ! Elle ne lui a rien coûté d’abord. Le pharmacien qui a lancé cette drogue est le beau-frère de la sœur de la tante de la petite Girolle.

Zoé Lacave. — Mlle de La Clabauderie a apporté pour vous une chancelière en peau de veau garnie de lapin blanc qu’elle a faite elle-même.

Madame Goulart. — Quelle se tienne les pieds chauds avec ! Je n’ai que faire de ses cadeaux.

Zoé Lacave. — Enfin, les Teulette, votre neveu et sa femme…

Madame Goulart. — Le petit rapin ? Ce sont les moins mauvais. Mais quels bohèmes ! Ils n’auront rien de moi et crèveront sur la paille.

Zoé Lacave. — J’ai mis à part des monceaux de lettres et de cartes de visite.

Madame Goulart. — Je verrai cela un autre jour. Quel temps fait-il ? Naturellement ! Il pleut. Je me sens mal. J’ai des étouffements. Pourquoi m’épiez-vous avec cet air niais ?

Zoé Lacave (inquiète, la regarde étendre la main vers une soucoupe de salade russe). — Madame, ne craignez-vous pas ?…