et autres.
Je soussigné, Mussaillon Ier,
déclare que mon album n'est pas si cochonné (sic) que ça.
Celui qui a inscrit mon nom
sur ce stupide album n'est qu'un vil facétieux. Il est
vexant d'être accusé des turpitudes de G. Sand.
MUSSAILLON Ier.
Note 72:[ (retour) ] Promenades et visites: le vicomte de Spoëlberch de Lovenjoul, dans le Temps du 4 novembre 1896.—Faisons remarquer à M. Brisson que l'album décrit n'est pas «l'album de Venise», lequel appartient à Mme Lardinde Musset.
«Suivent des silhouettes, des caricatures, toutes de la main du poète et représentant pour la plupart son amie, couchée, debout, fumant la pipe, accoudée sur un balcon, vêtue tantôt à la française et tantôt à l'orientale. Le profil est nettement dessiné et très pur et, sans doute, très ressemblant, le nez légèrement busqué, la bouche sensuelle, l'oeil impérieux[73]. Musset se divertit aussi à croquer les amis absents: la moue dédaigneuse de Mérimée, avec cette légende: Curvajal renfonçant une expansion; la face chagrine et chafouine de Sainte-Beuve, et au-dessous: Le bedeau du temple de Guide canonisant une demoiselle infortunée. Il se met lui-même en scène, les cheveux au vent, la redingote pincée à la taille, les chevilles serrées dans un pantalon à la hussarde, et il inscrit dans un coin: Don Juan allant emprunter dix sous pour payer son idéale (sic) et enfoncer Byron. Voici plus loin une sorte de rébus: un oeil, une bouche, une mèche de cheveux, une verrue surmontée d'un poil follet, un bonnet grec. Ce sont les traits distinctifs de M. Buloz, ainsi qu'il appert de l'explication fournie par Musset: Fragments de la Revue trouvés dans une caisse vide. Enfin, voici des types de fantaisie, qui rappellent par leurs dénominations grotesques le tabellion du Chandelier et le futur baron d'On ne badine plus avec l'amour ... [74]. Je copie: «Le chevalier Colombat du Roseau Vert et l'abbé Potiron de Vent du soir devisent en humant une prise de tabac; le baron Prétextât de Clair de lune rêve en songeant à sa belle; le marquis Gérondif de Pimprenelle erre dans ses jardins. Ces croquis témoignent d'une verve charmante et d'une imagination quasi puérile... Musset devait être extrêmement gai, quand il n'était pas tourmenté par la débauche ou la maladie. Il était infiniment plus jeune de caractère que sa compagne; elle le traitait en enfant gâté et le dominait par son lyrisme sentimental qu'il avait peut-être le tort de prendre trop au sérieux...».
Note 73:[ (retour) ] Ces portraits de George Sand sont de 1833. Ajoutons à l'énumération des suivants que va donner M. Brisson,—caricatures pour la plupart datées de 1834,—ceux d'Alexandre Dumas, «Antony-Louverture charpentant un viol»; de Charles Didier, «Vadius enfonçant Lucrèce» et, trois charges de Paul Foucher.