La baie du Grand-Avis étant le principal mouillage du côté nord de l'île, c'est là que s'est fondée la Colonie. Lorsque l'on voit de loin tous ces grands bâtiments et toutes ces maisons éclairées par les rayons du soleil et sous un ciel toujours bleu, on croirait vraiment voir un petit village d'Afrique.
En réalité, c'est une agglomération acquérant une certaine importance par son immense pénitencier pouvant contenir jusqu'à 300 jeunes détenus. De loin, le pénitencier a plutôt l'air d'une caserne que d'une prison. Nous y montons par un escalier et nous débouchons sur une grande place appelée Place d'Armes. C'est là que tous les premiers dimanches du mois le directeur passait militairement la revue des pénitenciers.
Les gardiens étaient en grande tenue, sabre au côté.
Les détenus avaient leur temps partagé en travail des mains et en celui de l'esprit. Ils travaillaient dans les champs, à la vigne, et on leur inculquait les premières notions d'orthographe et de calcul.
Le pénitencier se compose de trois immenses dortoirs, un réfectoire, une grande école, une cinquantaine de cachots et de cellules, ateliers, de tailleurs, cordonniers, lingerie, vestiaire, etc.
Une très grande chapelle de quatre autels est annexée au pénitencier, d'un côté et, de l'autre, se trouve la ferme et les étables.
Rien ne manque à cette ferme; chevaux, mulets, vaches, bœufs, moutons, porcs, poulets, canards, oies, paons, pintades, dindons, tout y est.
Éloigné du continent et, par conséquent, de toutes les ressources qu'il offre, on est obligé de parer à toutes les éventualités.
Mon oncle Fernand nous conduisit voir la forge, de grands bâtiments dans lesquels étaient installés des ateliers de menuiserie. En voyant de grandes roues et des courroies, je ne pus m'empêcher de lui demander à quoi cela pouvait servir.