Il y avait en tout trois cabanes. La population n’était pas nombreuse.
Sur le seuil d’une de ces cabanes, je vis un homme d’une soixantaine d’années et quelques femmes.
Nous étions arrivés par derrière les huttes, et nous avions surpris les sauvages; ils n’eurent pas le temps de s’enfuir à notre approche: nous étions au milieu d’eux.
Je recommençai ce que j’avais fait en arrivant à Palan; seulement je n’avais plus de grains de corail et de verroterie, mais j’offris de notre cerf, et je leur fis comprendre par mes gestes que nous venions avec d’excellentes intentions.
Dès lors il s’établit entre nous une conversation mimique assez curieuse, et pendant laquelle je pus observer tout à mon aise la nouvelle race que je voyais.
Je remarquai que la toilette des Igorrotès était à peu près la même que celle des Tinguianès, moins les ornements, mais que leurs traits et leur physionomie étaient tout à fait différents.
L’homme était plus petit, sa poitrine était excessivement large, sa tête démesurément grosse, ses membres développés, sa force herculéenne; ses formes étaient moins belles que celles des sauvages que je quittais; sa couleur était d’un bronze foncé, très-foncé même. Il avait le nez moins aquilin, et les yeux jaunes et entièrement fendus, à la chinoise.
Les femmes avaient aussi des formes très-marquées, une couleur foncée, et des cheveux longs relevés à la chinoise.
Malheureusement il m’était impossible en mimant d’arriver à obtenir les renseignements que je désirais avoir, et je me bornai à visiter la case.
C’était bien une véritable hutte. Point d’étage. L’entourage était fermé par des pieux d’une grosse dimension, surmontés d’un toit en forme de ruche; il n’y avait qu’une petite ouverture, de laquelle on ne pouvait guère profiter qu’en se traînant sur le ventre.