«Mon premier soin fut, en arrivant, de faire célébrer mon mariage dans l’église de Moron. Je l’avais promis à Dieu, et je ne voulus pas manquer à la promesse que j’avais faite à Celui qui lit au fond de nos cœurs.
«Puis je construisis cette cabane que vous voyez, et je commençai à vivre tranquille avec ma famille.
«La pêche était abondante, j’étais encore jeune; je trouvais facilement à vendre mon poisson aux embarcations qui passaient par le détroit.
«Mon fils était devenu un beau garçon...»
«—Il tenait de son père,» dis-je, me souvenant du commencement du récit du vieillard.
Mais mon observation ne put lui arracher un sourire.
«—C’était un bon pêcheur, reprit-il, et nous vivions heureux tous les trois, lorsqu’un malheur terrible vint nous atteindre.
«L’enfant Jésus nous abandonna sans doute, ou Dieu fut mécontent de nous. Je ne murmure pas, mais il nous a punis bien sévèrement, puisqu’il nous a frappés d’un chagrin que nous emporterons dans le tombeau!»
Et les pleurs du vieillard coulèrent plus abondants et plus amers.
Ah! combien le poëte italien a eu raison de dire: