Ils m’avaient écouté avec attention, ils étaient à demi vaincus.

Cependant l’un d’eux me répondit:

«Et si vous nous ôtez nos armes, qui nous répondra que nos ennemis ne viendront pas nous attaquer?

«—Moi, leur dis-je; je vous en donne ma parole; et s’ils ne m’obéissent pas, comme vous allez le faire, je reviens vers vous, je vous rends vos armes, et je combattrai à votre tête.»

Ces paroles, dites avec un ton d’autorité et de commandement, produisirent l’effet que j’attendais.

Les chefs, sans répliquer un mot, vinrent déposer leurs armes à mes pieds.

Leur exemple fut suivi par tous les combattants, et, en un instant, un monceau de carabines, de fusils, de lances et de coutelas fut devant moi.

Je désignai une dizaine d’individus parmi ceux qui venaient de m’obéir, je leur donnai à chacun un fusil, et leur dis:

«Je vous confie le dépôt de ces armes. Si l’on venait pour s’en emparer, faites feu sur les agresseurs.»

Je fis semblant de prendre leurs noms, et partis de suite pour le camp opposé, où je trouvai tous les combattants sur pied, prêts à marcher contre leurs ennemis.