Je les arrêtai en leur disant:
«Plus de combat! vos ennemis sont désarmés. Vous aussi, vous allez me remettre vos armes, ou vous embarquer de suite dans vos pirogues pour rejoindre votre village.
«Si vous ne m’obéissez pas, dans un instant je rendrai les armes à vos ennemis, et me mettrai à leur tête pour vous combattre. Exécutez ce que je vous ordonne, je vous promets que tout sera oublié.»
Il n’y avait pas à balancer. Les Indiens savaient que je ne leur donnais pas longtemps à réfléchir, et que chez moi menace et châtiment se suivaient de près.
En quelques minutes, ils s’embarquèrent tous dans leurs pirogues.
Je restai seul sur la plage avec mon lieutenant, jusqu’à ce que j’eusse à peu près perdu de vue la petite flottille.
Je retournai alors à l’autre camp, où l’on m’attendait avec impatience; j’annonçai aux Indiens qu’ils n’avaient plus d’ennemis, et qu’ainsi ils pouvaient rentrer tranquillement dans leur village.
[1] Auteur d’un ouvrage en huit volumes, intitulé Quinze années de voyages autour du monde.
[2] J’ai éprouvé deux de ces coups de vent pendant mon séjour à Jala-Jala: celui dont je parle, et un second dont je parlerai plus tard.