Leurs vieilles traditions donnaient à ce souterrain une étendue immense: on y voyait, disaient-ils, des palais féeriques auxquels rien ne pouvait être comparé et qui servaient de résidence à des êtres fantastiques.
Bien résolus de voir par nous-mêmes toutes ces merveilles, nous partîmes pour San-Matéo, emmenant avec nous un Indien muni d’un pic et d’une pioche, pour nous frayer passage, si nous avions quoique chance de prolonger notre promenade souterraine au delà de la limite que tous, déjà, nous connaissions.
Nous emportâmes aussi une bonne provision de flambeaux, nécessaire pour mettre notre projet à exécution.
Nous arrivâmes de bonne heure à San-Matéo, et nous passâmes le reste de la journée à visiter d’admirables sites qui avoisinent le bourg.
Nous descendîmes aussi dans le lit d’un torrent qui prend sa source dans les montagnes et passe dans le nord du bourg; nous y vîmes plusieurs Indiens et Indiennes occupés à laver les sables pour en extraire la poudre d’or. Le produit qu’ils retirent journellement de ce travail, auquel ils se livrent trois ou quatre heures par jour, varie depuis un franc, deux francs, jusqu’à huit ou dix; c’est selon la plus ou moins heureuse veine que le hasard leur fait découvrir.
Cette industrie, la culture des terres douées d’une fécondité sans égale, les bois de construction dont abondent les montagnes voisines, voilà toute la richesse des habitants, qui, généralement, vivent dans l’abondance et la prospérité.
Le lendemain, à l’aube du jour, nous cheminions vers la grotte, éloignée du bourg de deux heures de marche.
Entrée de la grotte et rivière de San-Matéo.
La route, qui d’abord serpente au milieu de belles plantations de riz et de bétel, encadrée elle-même dans une superbe végétation, est d’un facile parcours; mais, à la moitié de son trajet, tout à coup elle devient dangereuse et difficile.