Puisque j’ai nommé M. Laplace, je vais raconter une petite anecdote où il a joué un rôle, et qui prouvera l’influence que je possédais généralement dans toute la province de la Lagune.
Plusieurs matelots de l’équipage de la frégate l’Artémise, que commandait M. le vice-amiral Laplace, alors capitaine de vaisseau, avaient déserté à Manille.
Malgré toutes les recherches qu’avait fait faire le gouvernement espagnol, il avait été impossible de découvrir la retraite de quatre d’entre eux.
M. Laplace venait passer quelques semaines sur mon habitation; le gouverneur lui dit:
«Pour avoir vos hommes, adressez-vous à M. de la Gironière; personne n’est plus capable que lui de les découvrir: donnez-lui l’ordre, de ma part, de se mettre à leur recherche.»
M. Laplace, en arrivant chez moi, m’avait transmis cet ordre; mais j’étais trop indépendant pour songer à l’exécuter; je ne m’occupai point des déserteurs.
Quelques jours après, un capitaine, avec une centaine de soldats, aborda à Jala-Jala.
Il vint prévenir M. Laplace qu’il avait parcouru toute la province sans avoir eu aucun indice des déserteurs qu’il cherchait depuis une quinzaine de jours.
Cette nouvelle affligea M. Laplace.
Il vint à moi, et me dit: