A une époque sans doute bien reculée, les plus proches voisins des Philippines, les Malais, envahirent les plages et refoulèrent la population indigène dans l’intérieur des montagnes; ensuite, soit par des accidents de navigation, ou pour profiter de la richesse du sol, se réunirent à eux des Chinois, des Japonais, des habitants des vastes archipels des mers du Sud, des Javanais, et même des Indous.
Du mélange qui résulta de l’union de ces divers hommes, d’une physionomie si différente, sont résultés les diverses nuances et les différents types que l’on remarque parmi la race tagaloc, qui cependant conserve généralement la physionomie et la cruauté malaise.
Le Tagal est bien fait, plutôt grand que petit; il a les cheveux longs, rarement de la barbe, une couleur un peu cuivrée, parfois presque blanche; l’œil grand et vif, quelquefois un peu bridé, à la chinoise; le nez un peu gros, et, comme la race malaise, les pommettes saillantes.
Son caractère est gai et enjoué.
Il aime beaucoup la danse, la musique; est ardent en amour, cruel avec ses ennemis; ne pardonne jamais l’injustice et s’en venge toujours par le poignard, qui, ainsi que chez les Malais le kris, est son arme favorite.
Il tient à la parole qu’il a donnée dans des affaires sérieuses, se livre aux jeux de hasard avec passion; il est bon époux, excellent père, jaloux de l’honneur de sa femme, mais peu soucieux de celui de sa fille, qui, malgré des écarts de jeunesse, n’éprouve aucune difficulté à se marier.
Il est d’une sobriété admirable: de l’eau, un peu de riz et du poisson salé lui suffisent.
L’homme âgé est toujours pour lui en grande vénération.
Dans une famille, à toutes les époques de la vie, le plus jeune obéit à son aîné.
Il exerce l’hospitalité sans égoïsme, et sans autre pensée que celle de soulager son semblable.