Aussi lorsqu’un étranger se présente chez un Indien au moment de son repas, n’eût-il que le strict nécessaire pour lui et sa famille, il l’invite à prendre place à sa table.

Lorsqu’un vieillard, auquel son âge ne permet plus de travailler, se trouve dénué de toutes ressources, il va s’établir chez un voisin. Là, il est considéré comme étant de la maison. Il peut y rester jusqu’à la fin de ses jours.

Dans les occasions solennelles, il aime à poétiser, à dramatiser ses gestes et ses paroles; et c’est toujours avec un tact et un à-propos remarquables, chez des peuples que l’on croit généralement inférieurs aux basses classes de notre vieille civilisation. Une petite anecdote suffira pour les juger.

Je me trouvais par hasard dans le bourg de Siniloan le jour où l’on célébrait la fête patronale. Les anciens me firent inviter à aller prendre place à leur banquet. Pendant tout le festin j’avais été le but des plus délicates attentions et de la sollicitude la plus recherchée. Au moment où j’allais me lever, remercier mes hôtes et prendre congé, le plus ancien me pria de lui permettre de me porter un toast.

Le verre en main, il se leva, et dit à haute voix:

«Mes frères, l’honneur que me fait le seigneur de Jala-Jala en acceptant mon invitation n’est pas pour moi seul. Comme les rayons de l’astre de la lumière, il vous couvre tous. Réunissez-vous donc à moi, et élevons nos vœux au grand Maître, pour lui demander que la prospérité soit toujours sous son toit et la joie dans son cœur.»

Après avoir vidé son verre, il le jeta sur le sol, où il se brisa en éclats; et, reprenant la parole:

«Ce verre, dit-il, qui a servi pour affirmer les vœux que les habitants de Siniloan adressent au Seigneur pour leur hôte, ne devait plus servir à personne.»

Le mariage présente chez les Tagals des particularités assez curieuses.

Deux cérémonies le précèdent: la première se nomme tain manoc, mots tagals qui veulent dire: le coq qui cherche sa poule.