Nous retirâmes le premier filet; une large trouée nous convainquit que notre supposition était exacte; le second filet était dans le même état que le premier.
Tristes de notre échec, nous retirions le troisième, lorsque nous sentîmes une forte résistance.
Plusieurs Indiens se mirent à tirer vers le bord, et, à notre grande joie, nous aperçûmes le monstre à la surface de l’eau: il était expirant.
Nous lui jetâmes plusieurs lacets de fortes cordes, et quand il fut bien attaché, nous l’attirâmes vers le bord.
Il n’était pas facile de le haler sur la berge; la force de quarante Indiens était à peine suffisante.
Enfin, lorsque nous l’eûmes sous nos yeux tout entier hors de l’eau, nous restâmes tout stupéfaits; car autre chose était de voir ainsi son corps, ou de le voir nageant lorsque nous le combattions.
M. Russell, homme tout à fait compétent, fut chargé d’en prendre les dimensions.
De l’extrémité des naseaux au bout de la queue, il lui trouva vingt-sept pieds, et onze pieds de circonférence mesuré sous les aisselles.
Le ventre était bien plus volumineux: nous ne jugeâmes pas utile de le mesurer dans cette partie, car nous pensions bien que le cheval dont il avait fait son déjeuner avait considérablement augmenté son embonpoint.
Après cette première opération, nous tînmes conseil sur ce que nous allions en faire: chacun émit son opinion.