L’intrépide Gautherin était revenu à lui, ses blessures le faisaient horriblement souffrir, celle du côté surtout; il était dévoré d’une soif ardente, il demanda un peu d’eau pour l’étancher.
Mais les soldats indiens, voyant en lui un homme prêt à mourir, ne faisaient pas attention à sa demande.
Cependant un curé indien, que le hasard avait amené au corps de garde, s’approcha et lui dit:
«Êtes-vous chrétien?»
«Oui, je suis chrétien comme vous, lui répondit Gautherin.»
«Eh bien, puisque vous êtes chrétien, je vais vous confesser, et vous administrer les sacrements.»
«Hélas! me confesser, cela m’est impossible; je me meurs, et vous voyez qu’à peine je puis dire une parole.»
«En ce cas, dit le bon curé, l’absolution sera suffisante pour mourir dans la grâce de Dieu.»
Et le saint homme se mit en devoir de la lui donner.
Après cette funèbre cérémonie, accomplie sans cierges, sans appareil, et en présence seulement de quelques soldats, le bon curé pria le sous-officier indien qui commandait le poste de faire donner un peu d’eau au mourant et de faire bander ses plaies.