Le désir de la satisfaire, et le souvenir d’ailleurs des dernières paroles de mon Anna:

«Retourne dans ta patrie, marie-toi avec une de tes compatriotes,» me décidèrent.

J’eus bientôt fait choix de celle qui pouvait combler les vœux de l’homme qui n’aurait pas eu trop présent le souvenir d’une union antérieure.

Cependant je fus aussi heureux que je pouvais l’être. Ma nouvelle femme possédait toutes les qualités nécessaires à mon bonheur; elle me rendit père de deux enfants, et je commençais déjà à bénir la détermination que ma mère avait tant contribué à me faire prendre; mais, hélas! le bonheur ne devait jamais être de longue durée pour moi: la coupe de l’amertume n’était pas épuisée, et j’avais encore bien des larmes à verser.

Dans le cimetière de Vertoux, pour toi, pauvre mère, un modeste tombeau s’éleva entre celui d’un époux et d’un fils, et bientôt un autre s’ouvrit encore dans celui de Neuilly.

Dans ma douleur profonde, je fis graver ces deux vers sur le dernier:

Veille, du haut des cieux, sur ta triste famille;

Conserve-moi ton fils, et revis dans ta fille!