Il est un fait positif: c’est que l’Espagne a fait le bonheur de la population indienne. Il serait trop long d’entrer ici dans tous les détails de son administration; quelques lignes suffiront à démontrer sa sollicitude pour cette classe d’hommes.
Le capitaine général des Philippines a le pouvoir et les attributions de l’autorité royale en Espagne.
Il a pour adjoint un assesseur, espèce de ministre responsable, qui prépare les décrets et les ordonnances soumis à sa signature.
Il est à la fois le chef civil et militaire, et il préside la cour royale, la seconde autorité de la colonie.
Cette cour se compose d’un régent, de cinq conseillers (oïdores) et de deux fiscaux, l’un pour le civil, l’autre pour le criminel. Ces deux fiscaux sont spécialement chargés de protéger les Indiens.
L’un des membres de la cour royale est nommé juge contre l’esclavage. Il n’y a pas d’esclaves aux Philippines. Cependant, comme cet abus pourrait se présenter, le magistrat dont il s’agit est spécialement chargé de le surveiller et de le réprimer au besoin.
L’archipel est divisé en provinces. Chaque province est gouvernée par un alcade. Comme souvent il est, dans sa province, le seul et unique Espagnol, il a droit à une garde de vingt à trente indigènes.
Chaque province est divisée par bourgs, et chaque bourg est administré par un gobernadorcillo et son conseil municipal, indigènes élus d’après le mode que j’ai indiqué.
Le capitaine général gouverne, promulgue des lois, rend des décrets.
La cour royale fait exécuter les lois, rend la justice, et protége la classe indienne contre les abus.