On a recherché l’origine des divers idiomes en usage aux Philippines. Quelques personnes les font provenir du chinois et du japonais; d’autres, de l’hébreu ou du malais. Cette dernière opinion paraît la plus vraisemblable, si l’on considère la langue malaya comme primitive.

Dans le bisayo et le tagaloc, d’où dérivent tous les idiomes parlés aux Philippines, on trouve un grand nombre de mots malayos, et qui ont la même signification dans les deux langues. On en trouve aussi d’exactement semblables, mais qui ont une signification différente.

Beaucoup d’autres mots varient fort peu. Ainsi, en malayo, lina veut dire langue; babi, porc; en tagaloc, dila signifie langue; babui, porc.

Il faut considérer que les idiomes des Philippines ont été singulièrement altérés par les divers dialectes qui s’y sont mêlés. La langue espagnole a fourni les caractères qui lui sont propres aux idiomes des races placées sous la domination de cette nation.

On ne retrouve plus de documents écrits avec les premiers caractères de la langue tagale. Les anciens Tagalacs écrivaient sur les feuilles d’un arbre nommé banava; ils traçaient leurs caractères sur ces feuilles au moyen de la pointe d’un bambou.

La langue tagale est claire, riche, élégante, métaphorique et poétique. Elle prête beaucoup à l’improvisation, pour laquelle le Tagaloc a un goût prononcé.

L’écriture, avant l’adoption des caractères espagnols, allait de droite à gauche, à la manière orientale.

L’alphabet tagaloc ne possédait que dix-sept lettres, dont trois voyelles ayant la même valeur que les voyelles de notre langue.

A et E ont le même son que I, et un autre son qui équivaut à O et U. De là vient une grande diversité dans la prononciation. Ainsi le mot tubi (qui signifie permettez-moi) se prononce tobe; olo se prononce ulu.