Sa chair est d’un goût savoureux, bien meilleure que celle de nos cerfs d’Europe, préférable même à nos meilleures viandes de boucherie.

Les Chinois attribuent une grande vertu médicinale au jeune bois lorsqu’il est encore recouvert de sa peau. Ils payent jusqu’à 30 et 40 fr. une paire de jeunes bois. Ils les font sécher pour les conserver et les administrer en poudre dans certaines maladies.

Ils attribuent aussi une grande vertu aphrodisiaque aux tendons, et tous les ans ils en exportent pour la Chine une quantité considérable.

4. Le sanglier (babui-damon).

Le sanglier que les Indiens nomment babui-damon (cochon d’herbes) est presque semblable au porc domestique des Philippines. Le mâle seulement en diffère par deux énormes glandes garnies de soies longues et dures, placées des deux côtés du cou, près des os maxillaires.

Il habite les lieux les plus sombres et les plus fourrés des forêts, où il trouve abondamment, pour sa nourriture, des fruits et des racines, ainsi que de gros bulimes, espèce de limaçon dont il est très-friand.

On le chasse avec des chiens, des filets, et avec la lance. On lui fait, avec cette arme, une chasse particulière aux Philippines, et assez singulière pour mériter une description.

A l’époque des pluies, les sangliers qui habitent les grands bois situés sur le sommet des montagnes souffrent du froid. Pour s’en garantir, ils coupent avec leurs dents une énorme quantité d’herbes et de jeunes plantes. Ils en font un immense tas, et se blottissent dessous quelquefois au nombre de douze. Les chasseurs sont armés de lances préparées pour cette chasse, dont le fer tient faiblement par sa douille à la hampe, et qui cependant y est attaché par un bout de corde; de façon que le fer se détachant de la hampe y reste fixé, et forme une espèce de crochet qui s’embarrasse dans les broussailles et arrête l’animal dans sa fuite.

Ces dispositions faites, les chasseurs parcourent la forêt, et lorsqu’ils aperçoivent un de ces grands tas d’herbes, ils s’en approchent avec précaution. S’ils voient se dégager au-dessus de ce monticule une vapeur comme celle que produit notre haleine par un temps froid, c’est pour eux l’indication certaine que des sangliers y sont couchés. Alors, à un signal convenu, ils envoient tous leurs lances comme des javelots, dans la direction où ils croient devoir atteindre leurs proies. Les sangliers s’enfuient précipitamment. Ceux qui ont été blessés emportent la lance; mais au moindre mouvement la hampe se détache du fer, s’accroche dans les broussailles, arrête l’animal, et les chasseurs achèvent de le tuer avec une autre lance.

Comme le sanglier d’Europe, le mâle est armé de deux fortes défenses. Sa chasse doit toujours se faire avec précaution; car, ainsi qu’on l’a vu, il ne ménage pas le chasseur lorsqu’il tombe en son pouvoir.