J’ai souvent vu des bûcherons, travaillant dans la forêt à une grande distance de leur demeure, atteler leurs buffles à une pièce de bois, et leur dire: Va à la maison. Les patients animaux partaient, sans guide, marchaient, suivaient leur route en évitant avec précaution les mauvais pas et ce qui aurait pu entraver leur marche, et arrivaient à l’habitation de leur maître.
Son attelage est des plus simples et des plus commodes: il consiste en un morceau de bois courbé naturellement, de la forme du garot (voyez fig. B). Ce collier prend le col, et descend jusqu’au milieu des épaules; il est attaché au-dessous du col avec une corde ou une liane, et les traits sont fixés aux deux extrémités.
La femelle, peu employée aux travaux, produit beaucoup de lait, et aussi bon que la meilleure crème. On en fait du beurre d’un goût agréable et d’excellents fromages.
La chair du buffle est presque aussi bonne que celle du bœuf; mais on en fait peu d’usage aux Philippines.
C’est un animal tellement utile à l’agriculture, que, malgré la modicité de son prix (40 à 60 fr. pour un beau buffle de travail, et 20 à 25 fr. pour un jeune buffle venant d’être dompté), les Espagnols ont fait une loi pour protéger sa vie. Ainsi, un Indien n’a le droit d’abattre son buffle que lorsqu’un jury spécial l’a autorisé, et a déclaré qu’il n’est plus en état de servir à l’agriculture.
Je considère que cet animal serait de la plus grande utilité pour nos colonies d’Afrique, et aussi pour la Corse. Il détruirait les herbes qui poussent dans les marais et sur leurs berges, les nombreux insectes qui y prennent naissance, et contribuerait ainsi à faire disparaître les émanations qui produisent le mauvais air.
3. Le cerf (oussa).—Cervus Philippinensis.
De tous les mammifères, le cerf des Philippines est le plus nombreux. Il habite les montagnes, les forêts, et se cache dans les hautes herbes.
Le mâle a un bois beaucoup plus petit que nos cerfs d’Europe. Jamais il ne porte plus de trois andouillers.
Sa chasse est un des plus grands amusements des Indiens, qui le poursuivent souvent avec de bons chiens jusqu’à le mettre aux abois; ou bien, armés d’une longue lance et montés sur de bons chevaux, ils le suivent de toute la vitesse de leur monture, jusqu’au moment où ils peuvent l’atteindre. Ils le prennent aussi avec des filets ingénieusement fabriqués; mais cette dernière chasse, exigeant beaucoup moins d’adresse et d’exercice, est à la fois trop facile et trop abondante pour leur procurer le même plaisir que les deux premières.