Cette espèce se trouve dans l’île de Luçon, habite sous les grands bois, et fait son nid sur la terre.
Parmi les hirondelles, on trouve deux espèces de salangans: l’une, l’esculenta, et l’autre, le nidifica. Les habitudes de ces oiseaux, au vol léger, sont bien différentes de celles des oiseaux de la même famille habitant nos pays.
L’esculenta et le nidifica vivent presque toujours sur les eaux de la mer. Ils s’éloignent des plages à plusieurs centaines de lieues, planent continuellement entre les vagues, et pendant les plus terribles tempêtes ils caressent l’onde du bout de leurs ailes sans paraître y toucher; et cependant, dans leur vol rapide, ils recueillent, sur la surface de l’eau, une gomme blanche et diaphane. Ils l’apportent dans des cavernes, sur les rochers les plus arides, les plus escarpés, pour y construire artistement leur nid. Ces nids sont recherchés avec avidité par les Indiens; ils les vendent au poids de l’or aux opulents Chinois, qui, après leur avoir fait subir une préparation culinaire, les considèrent comme l’aliment le plus riche et le plus recherché qu’ils puissent servir dans leurs splendides festins.
La famille des palmipèdes est aussi très-abondante et très-variée. Sur les eaux des lacs et des grandes rivières on voit continuellement se jouer des millions de canards, de sarcelles, de plongeons, de poules d’eau, de cormorans et de monstrueux pélicans blancs, auxquels la nature a donné, sous leur long bec, une énorme poche membraneuse où ils conservent tout vivants, comme dans un vivier, les poissons qu’ils ont pris pendant le calme, et dont ils se nourrissent à loisir lorsque l’onde trop agitée ne leur permet pas de pourvoir à leur subsistance.
Sur les plages des lacs et des rivières, on voit se promener majestueusement des troupeaux d’échassiers, parmi lesquels on distingue la belle aigrette aux plumes blanches comme neige, qui donne une partie de sa parure pour orner la tête de nos dames et la coiffure de nos officiers.
Enfin, la famille la plus nombreuse, la plus variée, celle qui offre dans le plumage tant de couleurs différentes, est celle des passereaux. Bien que l’on dise généralement qu’entre les tropiques les oiseaux ne chantent pas, aux Philippines ils sont les véritables orphéonistes du ciel. Le matin surtout, lorsque de leurs chants harmonieux ils célèbrent la naissance d’un beau jour, chaque bosquet semble une académie de musique, où une troupe de jeunes artistes fait assaut d’harmonie. Mais ces doux ramages sont interrompus par intervalle par les pics, les coucous et les martins, plus brillants par leur plumage que par leur chant, et qui font retentir les bois de leurs cris aigus et discords.
Je dois à MM. Édouard et Jules Verreaux la nomenclature scientifique des oiseaux des Philippines.
A une époque où les trois frères Jules, Alexis et Édouard Verreaux avaient un grand établissement d’histoire naturelle au cap de Bonne-Espérance, Édouard, le plus jeune, interrompit ses périlleuses excursions dans l’intérieur de l’Afrique, pour visiter les contrées asiatiques. Sa vie aventureuse l’amena à Jala-Jala. Pendant les quelques mois de son séjour chez moi, il se livra particulièrement à l’étude de l’ornithologie, et il recueillit une belle collection qui figure maintenant dans le grand établissement que son frère Jules et lui ont créé à Paris, place Royale, 9.
Les curieux et les savants qui désireraient consulter MM. Verreaux sur les particularités que j’ai pu omettre dans mon aperçu sur l’histoire naturelle, peuvent le faire en toute confiance. Ils trouveront en eux, avec l’obligeance la plus bienveillante, une profonde et solide instruction sur toutes les branches de l’histoire naturelle.
C’est avec plaisir que j’insère ici cette note, qui n’est qu’un faible témoignage de ma reconnaissance pour le concours qu’ils m’ont donné dans mon travail sur l’ornithologie.