A une époque fixe, que la nature sans doute leur indique, ils reviennent. La femelle s’introduit de nouveau dans le sable, casse le premier œuf qu’elle a pondu, et il en sort un petit qui a toute la force nécessaire pour suivre sa mère. Elle recouvre le reste de la couvée, revient le lendemain, et ainsi de suite tous les jours, jusqu’à ce qu’elle ait cassé un par un tous les œufs dans le même ordre qu’elle les avait pondus. Toute la famille retourne alors habiter les bois et vit en commun jusqu’au retour de la saison de l’accouplement.

L’éperonnier (polyplectron bicalcaratum), qui se trouve aux îles Bisayas, est aussi de la famille des gallinacés. C’est un bel oiseau, de la taille d’un petit faisan, et dont le plumage est à peu près semblable à celui du paon.

On compte aux Philippines trois espèces de calaos. Le grand, le plus remarquable (buceros hydrocorax), est brun et blanc, et porte, sur son énorme bec rouge, une monstrueuse protubérance osseuse, de la même couleur que le bec; elle est entièrement vide, et sa cavité communique par des ouvertures à l’intérieur du bec. C’est un vrai diapason, qui donne au cri de cet oiseau une telle sonorité, que ce cri s’entend à des distances considérables; il imite parfaitement le nom de l’oiseau: calao.

La nature a refusé au calao la faculté de se poser à terre. Les arbres lui servent de demeure, les fruits qu’ils produisent de nourriture; et les feuilles qui conservent la rosée du ciel lui fournissent l’eau nécessaire pour étancher sa soif.

L’une des deux autres espèces, noire et blanche, porte sur le bec une moins grosse protubérance, d’une couleur blanchâtre.

La troisième espèce, beaucoup plus petite, que les Indiens nomment talictic, a le dos verdâtre, le ventre blanc, et une très-petite protubérance noirâtre, bariolée de jaune.

Tous ces oiseaux se nourrissent de fruits, et particulièrement de celui que produit le balète-ficus.

Aucun pays n’offre plus de variétés de colombes que les Philippines. Pour orner leur beau plumage, la nature semble avoir mis à contribution toutes les combinaisons possibles.

C’est dans les Bisayas que se trouve ce beau pigeon (calœnas nicobarina) d’un vert d’émeraude resplendissant, et qui porte à la naissance du cou de légères plumes d’un brillant métallique, longues et flottantes, et qui forment au-dessus des ailes et sur sa poitrine la plus jolie collerette qu’il soit possible d’inventer.

C’est aussi à la même espèce qu’appartient la jolie colombe coup de poignard (calœnas luzonica). Elle a le dos couleur d’ardoise, le ventre et le cou d’un blanc parfait, et à la poitrine une tache de sang si naturelle, que celui qui la voit pour la première fois a peine à ne pas la prendre pour une blessure.