On trouve aussi, et particulièrement dans le lac de Bay et la baie de Manille, une espèce de serpent d’eau, dont les plus forts ne dépassent pas une longueur de trois à quatre pieds. Il est gris, bariolé de noir et de jaune. Il est plus répugnant que dangereux; il est même inoffensif. Dans les grandes crues les Indiens pêchent ce serpent pour en faire de l’huile à brûler. Les aigles-pêcheurs lui font une chasse acharnée.
La mer fournit aux habitants des plages une quantité considérable de bons et excellents poissons. Ceux que nous avons en Europe, et qui se trouvent dans les mers de Luçon, sont les sardines, les mulets, les maquereaux, les soles, les thons, les dorades et les anguilles.
On prend dans la baie de Manille, avec des lignes de fond, une espèce de serpent de mer, d’une longueur de dix à douze pieds, d’une couleur verdâtre mêlée de jaune. Les pêcheurs prétendent que sa morsure est mortelle; aussitôt qu’ils en prennent un, ils lui coupent la tête.
C’est un animal dégoûtant et hideux. Cependant les Indiens le font figurer dans leurs repas.
Les Indiens pêchent une grande quantité de trépangs; des requins, dont ils prennent les ailerons pour les vendre aux Chinois; des tortues, qui fournissent un bon aliment et de l’écaille, et des huîtres perlières.
Parmi ces huîtres il en est une espèce très-abondante dans la baie de Manille, dont les écailles sont très-plates, minces et transparentes. On taille ces écailles en petits carrés, pour servir aux vitraux des maisons de Manille. Ces vitraux ont sur le verre l’avantage de ne donner aux appartements qu’un clair-obscur, et de ne pas laisser pénétrer les rayons du soleil.
La mer produit encore une grande quantité et une variété infinie de crustacés, des mollusques, des coquillages de toute espèce, et notamment d’excellentes huîtres.
§ IX.—Reptiles.
Il ne manque pas de reptiles aux Philippines; mais, n’ayant pas l’intention de faire un cours d’histoire naturelle qui serait au-dessus de mes forces, je vais seulement, ainsi que je l’ai fait pour les poissons, m’occuper des espèces qui ont fixé mon attention par leur particularité.
Dans le genre des sauriens j’ai déjà décrit l’aligator, le plus monstrueux de tous les reptiles.