On trouve dans la même famille plusieurs espèces d’iguanas. La plus grande a souvent sept à huit pieds de longueur. C’est un énorme lézard couleur gris verdâtre, mêlé de points jaunes. Il vit sur le bord des lacs, des rivières, dans des lieux humides, et souvent dans les maisons. Il est presque amphibie, se nourrit de poissons, de rats, de volatiles, et il est tout à fait inoffensif pour les hommes. Sa chair blanche ressemble beaucoup à celle du poulet; elle est très-bonne à manger. Les Indiens n’en font pas usage; ils sont seulement très-friands de leurs œufs, de la dimension de grosses noix, et, comme ceux de la tortue, sans enveloppe solide.
Une petite espèce d’iguana, d’une couleur fauve, dont la longueur ne dépasse pas un pied et demi à deux pieds, porte une crête ou carenne qui se prolonge de la tête jusqu’au milieu de l’épine dorsale. Elle habite toujours le bord des rivières et des lacs; elle se tient ordinairement au soleil, sur les arbres qui avoisinent les bords de l’eau.
Dans toutes les maisons de Manille, il y a toujours une grande quantité de petits lézards qui ne se montrent que lorsque les lumières sont allumées. Ils sont de couleur grise. Ils ont sous les pattes une membrane qui les fait adhérer au sol, et leur facilite la faculté de se promener au plafond, sur les murs, et même sur les glaces. Ils se nourrissent de mouches et de moustiques.
Les tacons ou tchacons, espèce bien plus grande que la dernière, habitent aussi les maisons. Ils ont la longueur d’un pied; ils sont de couleur grise mêlée de jaune, de bleu et de rouge. Leur tête est énorme, et leur gueule d’une grandeur disproportionnée à tout le corps. Ils ont aussi, comme les petits lézards dont je viens de parler, une membrane sous les pattes. Ils adhèrent avec tant de force où ils se posent, que lorsque c’est sur une partie du corps d’une personne, on ne peut leur faire lâcher prise qu’en leur présentant un miroir; la vue de leur semblable les fait se jeter sur lui pour le combattre.
Ce sont, du reste, des animaux inoffensifs. Ils se nourrissent de cancrelats, espèce de scarabée. La nuit, ils font entendre par intervalle un cri qui se répète sans interruption sept à huit fois: tcha-con, ce qui leur a fait donner ce nom.
Les Indiens considèrent les maisons où ils habitent comme favorisées du sort. Cette croyance les empêche de les détruire.
Dans les bois on voit voler d’un arbre à l’autre des petits dragons. Ce sont aussi des lézards d’une longueur de sept à huit pouces. Ils ont le corps mince et la queue très-déliée. La nature leur a donné, comme aux chauves-souris, des ailes membraneuses, et de plus, sous la mâchoire inférieure, une longue poche qui se termine en pointe. Ils remplissent cette poche d’air pour se rendre plus légers, et prolonger leur vol lorsqu’ils ont une longue distance à parcourir.
Ils sont inoffensifs, et se nourrissent d’insectes.
On trouve plusieurs espèces de serpents. Les plus connus, que j’ai déjà décrits, sont le monstrueux boa; et dans ceux dont la morsure est mortelle, l’alin-morani; puis une espèce de vipère nommée dajou-palay (feuille de riz).
Beaucoup d’autres sont aussi très-dangereux, mais leurs noms ne me sont pas connus.