La plus grande partie des terres cultivées sont la propriété des Indiens, et sont fort divisées. Il y a cependant de vastes domaines qui appartiennent généralement aux ordres religieux, et quelques-uns à des particuliers. Ces grands domaines sont donnés à ferme aux Indiens par petites portions. Depuis peu d’années, quelques propriétaires font valoir par eux-mêmes ceux qui leur appartiennent.
Presque toutes les terres, et même les montagnes, sont susceptibles d’être fructueusement cultivées; mais les terres préférées sont celles qui peuvent être abondamment arrosées pendant la saison des sécheresses. Elles sont généralement destinées à la culture du riz; jamais elles ne reçoivent d’autre engrais que celui que leur fournit la nature et l’écoulement des eaux, et cependant elles donnent chaque année et sans repos d’abondantes récoltes.
Les terres aménagées pour les plantations du riz sont nommées par les Indiens tubiganès (terres irriguées). Elles ont alors une véritable valeur qui varie, selon les localités, de 200 à 300 piastres le quiñon, (1,000 à 1,580 fr.), qui est de trois cents varas castillanes carrées.
On calcule qu’il faut trois ouvriers pour mettre en culture un quiñon de terres tubiganès, et cinq cabanès, mesure qui équivaut à 133 livres espagnoles, pour ensemencer un quiñon, qui produit, année commune, de 60 à 80 pour un. Presque toutes les terres tubiganès peuvent être ensemencées deux fois dans l’année. La seconde récolte est moins abondante que la première.
Les terres non irriguées, celles situées sur le penchant des montagnes, sont d’une valeur inférieure et qui varie selon les situations. Dans beaucoup de localités, on peut acquérir des terres déjà cultivées, et qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de la bonne qualité, à raison de 20 à 50 piastres (100 à 250 fr.) le quiñon.
Ces terres non irrigables s’ensemencent en riz de montagne, en indigo, canne à sucre, tabac, et toutes espèces de plantes qui n’ont pas essentiellement besoin d’eau.
Il serait difficile d’établir, même approximativement, la production des terres de ce genre. Cette production varie selon la culture. Le riz y produit moins que dans les terres irriguées; mais généralement les autres récoltes donnent, dans les bonnes années, au cultivateur un bénéfice plus que double de celui des terres exclusivement destinées à la culture du riz.
Le prix de la journée des ouvriers indiens varie selon les localités. On peut cependant l’évaluer, en moyenne, sur le pied de 0,60 à 0,70 centimes pour les hommes, à 0,33 centimes pour les femmes et les enfants, à 0,33 centimes pour le buffle, et à 0,33 centimes pour une charrue. L’ouvrier qui fournit son buffle et sa charrue reçoit à peu près 1 fr. 30 cent.
En temps ordinaire, la journée commence à six heures du matin pour finir à six heures du soir. On accorde une heure et demie de repos pour les repas.
Aux époques des récoltes, et particulièrement pendant celle du sucre, la journée commence, pour les ouvriers employés au moulin et à l’usine, à trois heures du matin, et se termine à huit heures du soir.