Toutes les autres espèces de riz des montagnes se sèment de la même manière que celui appelé pinursegui. Ce dernier a l’avantage sur les autres de se récolter trois mois ou trois mois et demi après la semence, tandis qu’il faut au moins cinq mois pour les autres.

2o Culture des riz aquatiques.

Les diverses espèces de riz aquatiques sont au nombre de neuf[10]. Ils se cultivent de la même manière. Les deux derniers, malaquit-puti et malaquit-pula, ne servent pas pour les aliments habituels; l’un a le grain d’un blanc mat, tandis que l’autre l’a d’une belle couleur violette, même à l’intérieur. Tous les deux s’emploient généralement pour des friandises, et pour faire une colle qui remplace l’amidon.

Les cultures de ces divers riz se font par semis, qui se transplantent dans des terres préparées ad hoc.

Pour un terrain d’une superficie de 10,000 mètres, soit un hectare, il faut à peu près de 90 à 100 kilog. de semences.

Semis.

Aussitôt les premières pluies, dans le mois de juin, on prépare la terre pour recevoir la semence; on la couvre d’abord de 15 à 20 centimètres d’eau, ensuite on lui donne un bon labour à la charrue, et on y passe le peigne (fig. E.) jusqu’à ce qu’elle soit réduite en vase liquide; on laisse ensuite écouler les eaux, et on y jette la semence, qui préalablement, pour faciliter la germination, a été mise pendant vingt-quatre heures à tremper dans l’eau. Lorsque le champ est entièrement recouvert de semence, on passe sur toute la superficie une planche longue d’un mètre et demi à deux mètres. Cette opération a pour but d’enfoncer les grains dans la vase, et de les en recouvrir.

Pendant les cinq ou six premiers jours, il n’est pas utile d’irriguer; mais si, lorsque les plantes sont déjà élevées à quelques centimètres de terre, les sécheresses étaient trop fortes, il faudrait faire une irrigation en ayant soin de ne pas couvrir totalement les jeunes feuilles d’eau, car sous l’eau elles périraient.

Plantation.

Quarante à quarante-cinq jours après que la semence a été mise en terre, le riz est en état d’être transplanté. La terre qui doit recevoir les jeunes plantes est divisée en grands carrés, entourés de petites chaussées qui servent à retenir les eaux. Après qu’elle en a été complétement couverte, on lui donne un labour à la charrue, et ensuite, comme pour les semailles, au moyen d’un peigne on la réduit en vase liquide. Le lendemain, on écoule les eaux et on prépare les plants qui doivent y être placés.