Les deux Indiens, armés de leurs battoirs, agitent avec force le liquide en le ramenant du fond à la surface, pour le mettre en contact avec l’air, qui le rend insoluble dans l’eau.
Lorsqu’il a pris une belle couleur bleue, l’opération est terminée.
Trois ou quatre heures après, tout l’indigo contenu dans le liquide s’est déposé au fond de la cuve; alors on ouvre les robinets superposés, pour laisser écouler l’eau au dehors.
Cette eau ne contient plus aucune partie colorante.
Chacune de ces opérations produit en moyenne 3 kilog. d’indigo.
Tous les six jours, lorsque 18 ou 20 kilog. sont récoltés, on les retire de la cuve pour les transporter dans une autre cuve beaucoup plus petite placée près des couloirs.
Dans cette dernière on laisse encore déposer, et on décante le plus possible avec un siphon.
Enfin, lorsqu’on ne peut plus en retirer de l’eau, et lorsque l’indigo est déjà comme une espèce de boue, on le place dans des couloirs, où il finit de s’égoutter.
Ensuite on le met sous la presse, d’où on le retire comme un gros gâteau que l’on divise au moyen d’un fil d’archal en petits carrés, que l’on place sur les séchoirs. Cette dessiccation, pour être complète, se fait souvent attendre plus d’un mois, selon l’état de la température.
Lorsque l’indigo est parfaitement sec, on le met dans des caisses pour le livrer au commerce.