Quand la fermentation est arrivée à son plus haut degré, ce qui a lieu le lendemain matin, on enlève les plantes de la cuve, en ayant soin de bien les secouer pour qu’il n’y reste pas d’eau.
Lorsqu’il n’y reste plus que le liquide, qui est alors d’un vert émeraude, on divise dans un seau d’eau une certaine quantité de chaux vive, que l’on verse avec soin dans la cuve de fermentation, sans remuer le liquide qu’elle contient.
L’Indien alors prend un des battoirs, le plonge au fond de la cuve, et fait quelques mouvements pour que la chaux se répande partout.
Il juge alors s’il en a mis assez par la couleur, qui change subitement de nuance. De vert émeraude, le liquide devient vert foncé, et paraît contenir une grande quantité de petits grumeaux, qui ne sont autre chose que l’indigo encore en dissolution.
La quantité de chaux nécessaire ne peut être appréciée que par un homme expérimenté.
De cette quantité dépend exclusivement la qualité que l’on veut obtenir, ainsi que les diverses nuances.
Après que la chaux a été mise dans le liquide, on laisse reposer pendant quelques minutes, pendant lesquelles se précipitent au fond de la cuve toutes les parties étrangères à l’indigo, qui, encore à l’état de solubilité dans l’eau, y reste en suspens.
Après quelques minutes écoulées, on ouvre, les uns après les autres, les robinets superposés sur toute la hauteur de la cuve, et le liquide s’écoule dans la cuve du battage.
On travaille ensuite à remplir la cuve de nouvelles plantes, après toutefois l’avoir débarrassée du dépôt de chaux et de terre qui est resté au fond.
Dans l’après-midi on procède au battage.