On doit recommander aux coupeurs de couper la canne aussi bas que possible, c’est-à-dire au ras de la terre; car toute la partie que l’on laisserait au-dessus de la terre serait autant de perdu, et un embarras pour la culture.
Je n’entrerai dans aucun détail sur la cuisson du sucre. Depuis quelques années on a apporté de si grandes améliorations dans les appareils pour la cuisson, qu’il serait impossible, dans une simple relation, de décrire ces nouveaux appareils et la manière de s’en servir.
Aux Philippines, la dernière amélioration qui a été faite a été de copier ce que l’on faisait, et peut-être ce que l’on fait encore, à Bourbon.
C’est une batterie composée ordinairement de cinq ou six chaudières qui vont en diminuant de dimension, depuis la première où se fait la défécation, jusqu’à celle de cuisson. Chaque opération ne dure que quarante-cinq minutes; c’est-à-dire que, dès l’instant que la batterie est bien en train, chaque quarante-cinq minutes on retire ce qui a été déféqué, à peu près 135 à 150 livres de sucre. Ce qui est seul difficile, c’est la défécation et le point de cuisson; la pratique seule peut apprendre lorsqu’on a mis une assez grande quantité de chaux pour que le jus soit bien déféqué, et la pratique seule aussi peut apprendre lorsque le sucre est cuit à point.
Explication des figures.
Fig. A. Charrue indienne.
Elle est extrêmement simple; elle se compose de quatre morceaux de bois (1, 2, 3, 4) que le laboureur le plus maladroit peut confectionner lui-même; d’une oreille, et d’un soc en fonte (5 et 6) qui, aux Philippines, se vend 2 fr. 50 c.
La légèreté et la simplicité de cette charrue en facilite l’emploi pour toute espèce de culture; et dans les plantations divisées par lignes, comme celles des tabacs, maïs, cannes à sucre, etc., on s’en sert avec avantage, non-seulement pour le sarclage, mais aussi pour donner, entre chaque rang, un labour qui profite à la plantation, et qui est moins coûteux et moins long qu’un simple sarclage à la pioche.
Fig. B. Joug pour l’attelage du buffle.