Les navires de Manille font aussi le commerce avec l’archipel des îles Pelew. Ils y apportent de grosses toiles, des perles en verroterie de toutes couleurs, des couteaux un peu plus grands que les couteaux de table, et toute espèce de vieux fers.

En retour, ils chargent du balate-trépang, de l’écaille, de la nacre.

Il se fait aussi quelques expéditions pour les îles Tongatabou, lieu du naufrage du capitaine Lafond de Lurcy, qui avait entrepris une spéculation du même genre.

Batavia et Singapoor sont les deux points dans l’Inde où le commerce de Manille a pris le plus de développement.

On exporte de Manille à Java des cigares, des guinaras, étoffes fabriquées avec l’abaca, du sibucao ou sapan, des cordages en abaca, et du rhum.

On exporte de Manille à Singapoor du sucre, de l’indigo, du bois de sapan, de l’abaca, des cordages en abaca, des chapeaux de paille, des boîtes à cigares, de l’huile de coco, du rhum, des os, et une grande quantité de cigares.

Les navires espagnols qui arrivent d’en deçà ou d’en delà du cap de Bonne-Espérance jouissent d’un privilége de 7 p. % sur les navires étrangers, pour les droits de douane dus à l’entrée de Manille. Il en résulte que la plus grande partie des marchandises d’Europe, d’Asie et d’Afrique sont déposées à Singapoor, et chargées, dans ce port, sur des navires espagnols immatriculés au port de Manille. Les principales marchandises qu’ils embarquent sont des fers anglais et de Suède, des aciers, du cuivre laminé, des toiles à voiles, des cordages de chanvre, des ancres, des chaînes pour navires, de la peinture, de l’huile de lin, de la cire, du poivre, des clous de girofle, et toute espèce de tissus en lin, en coton, en laine, en soie, de tous les pays de l’Europe.

Le commerce de Singapoor avec Manille était, en 1842, d’une importance de 36,000 tonnes. Tout l’avantage est pour Singapoor, qui encombre Manille de marchandises d’Europe.

Bombay trafique également avec le port de Manille, et y envoie, en lest, ses grands navires nommés enchimanès, pour y charger du sucre.

Manille fait aussi un assez grand commerce avec l’Australie; elle fournit à Sydney une grande quantité de sucres de qualité inférieure, du tabac, des cigares, des chapeaux de paille, des bois de sapan, des cordages d’abaca, des nattes.