Les articles de Chine sont les nankins, des pièces de monnaie en cuivre nommées chapuas, de la porcelaine commune, quelques étoffes de soie, et des ustensiles de cuisine.

Les articles qui offrent le plus d’avantages sont le riz et les pièces de nankin. Ces dernières sont reçues comme monnaie courante, à raison d’une piastre (5 fr. 40 c.) la pièce, et elles ne coûtent ordinairement à Manille que 33 piastres le cent.

Les monnaies courantes à Jolo sont les chapuas, pièces en cuivre percées au milieu; les piastres espagnoles, et les roupies de l’Inde.

Les mois de juin et de juillet sont ceux de l’année où il se fait le plus grand commerce à Jolo.

Il est utile d’apporter une grande circonspection dans les transactions que l’on fait avec les naturels. Il faut cependant agir de manière à ce qu’ils ne s’aperçoivent d’aucune méfiance; ils sont, bien que de fort mauvaise foi, d’une grande susceptibilité.

Les retours se font en nids de salanganes, en écaille de la plus belle qualité nommée testudo imbricata: le prix ordinaire de cette écaille est de 1,000 à 1,100 piastres le pécul; en balate, holoturies, nommées à Jolo tripang et en Chine bogshum, espèce de zoophyte informe, dont trente-six espèces différentes sont connues; en ailerons de requin, dont la valeur en Chine est de 20 à 45 piastres le pécul; il faut à peu près cinq cents ailerons pour faire un pécul. On exporte aussi de la nacre, dont le prix en Chine est de 12 à 15 piastres le pécul. Généralement, les chargements se complètent avec de l’or en poudre, des perles fines, et de la cire.

On emploie ordinairement de sept à huit mois pour un voyage complet à Jolo et retour.

Les navires qui vont aux Moluques partent de Manille vers le mois de décembre. Ils emportent les mêmes cargaisons que pour les îles de Jolo, et en plus quelques articles de luxe pour les femmes et les autorités supérieures.

Les retours se font en cacao, oiseaux de paradis, clous de girofle et noix muscades.

Les Hollandais, qui possèdent ces îles, ont imposé des droits de douanes considérables; mais, en revanche, on peut y négocier avec toute sécurité.