Dans sa manière de vivre il y avait un charme inouï. On ne peut comprendre comment il a pu quitter un pays où il était libre de ses actions, pour revenir au milieu de la société. Il avait vaincu ce désert et ses sauvages habitants. Quand il a jeté un dernier regard sur le bien-être et les riches cultures qu’il avait créées autour de lui à Jala-Jala, son cœur a dû faiblir. Mais hélas! il était seul, rien ne lui restait de ce qui lui était cher; tous ceux qui l’avaient soutenu au milieu de ses rudes travaux n’étaient plus. Son frère, qu’il aimait tant, succomba le premier; ensuite sa femme et son enfant! Il ne pouvait rester au milieu d’objets qui à chaque instant lui rappelaient tant de douleur. La description des événements extraordinaires de sa vie dans un pays si peu connu et en même temps si ravissant est exacte; et, en attestant que ce sont des faits réels et non des fables, je ne fais que rendre hommage à un digne ami.
G.-R. Russel.
Juin 1854.
Jamaïca-Plaine, près Boston (États-Unis).
Chapitre Premier.
Naissance de l’auteur.—Premier départ pour l’Inde.—Deuxième, troisième et quatrième voyage.