Église de Pandacan—Environs de Manille.
Chapitre V.
Le capitaine Novalès.—Insurrection militaire.—Novalès, empereur des Philippines.—Sa mort.—Tierra-Alta.—Bandits.
J’étais, comme je l’ai dit, chirurgien-major du bataillon de ligne le 1er léger, et j’avais des relations intimes avec tout l’état-major, particulièrement avec le capitaine Novalès, créole d’origine, et d’un caractère brave et aventureux.
Il fut soupçonné de vouloir soulever, en faveur de l’indépendance, le régiment auquel il appartenait. On fit à ce sujet une enquête qui ne donna aucune preuve: cependant le gouverneur, conservant toujours ses soupçons ordonna qu’il fût envoyé dans une province du sud sous la surveillance de l’alcade.
Le matin du jour fixé pour son départ, Novalès vint me voir, et, après s’être plaint amèrement de l’injustice du gouverneur à son égard, il ajouta qu’on se repentirait de n’avoir pas confiance en son honneur, et qu’il ne tarderait pas à revenir.
J’essayai de le calmer; nous échangeâmes une poignée de main, et le soir il partait sur un petit bâtiment chargé de le conduire à sa destination.
Au milieu de la nuit qui suivit le départ de Novalès, je fus réveillé en sursaut par des détonations d’armes à feu. Je me revêtis aussitôt de mon uniforme, et m’empressai de me diriger vers la caserne de mon régiment.