Le buffle changea de direction, et poursuivit l’imprudent qui venait de l’attaquer et qui revenait droit vers nous.

Un second groupe de trois chasseurs alla à sa rencontre. Un d’eux passa près de lui au galop, jeta son lacet, et fut aussi malheureux que son camarade.

Trois autres chasseurs tentèrent le même coup; aucun d’eux ne réussit.

Moi, simple spectateur, j’admirais ce combat, ces évolutions, ces fuites, ces poursuites, exécutées avec autant d’ordre et de courage que de précision, et qui me paraissaient extraordinaires.

J’avais souvent assisté à des combats de taureaux, et souvent j’avais frémi en voyant les toréadors observer le même ordre pour détourner le furieux animal lorsqu’il menace le picador.

Mais, cette fois, il n’y avait pas de comparaison possible à établir entre un combat en champ clos et un combat en pleine campagne; entre un buffle sauvage et le plus terrible des taureaux.

Vous, Espagnols au sang vif et pétillant, fiers Castillans qui recherchez les émotions, les spectacles émouvants et dangereux, allez chasser le buffle dans les campagnes Marigondon!

Après bien des fuites, des poursuites, des courses et des dangers, un chasseur adroit couronna l’animal de son lacet.

Le buffle ralentit sa marche et secoua la tête en tous sens, s’arrêtant de temps en temps pour se débarrasser de l’obstacle qui le gênait dans sa course.

Un autre Indien, non moins adroit que le premier, lança son lacet avec la même vitesse et le même bonheur.