Alors commença la curée.

On tua l’animal, et les chasseurs se partagèrent la viande, qui est aussi bonne que celle du bœuf.

J’avais été heureux pour mon début, car toutes les chasses au buffle ne se font pas aussi facilement que s’était faite celle-là.

Quelques jours après nous en fîmes une seconde qui fut interrompue par un accident, hélas! assez fréquent.

Un Indien avait été surpris par un buffle au moment où il sortait du bois.

D’un coup de corne son cheval avait été traversé et jeté à terre. L’Indien s’était blotti auprès de sa monture tuée près de lui, et, grâce à une inégalité de terrain, il espérait échapper à son redoutable ennemi; mais celui-ci, d’un second mouvement de tête, avait renversé le cheval sur son cavalier, et portait à ce dernier des coups qui l’eussent infailliblement tué s’ils l’eussent tout d’abord atteint.

Heureusement d’autres chasseurs détournèrent l’animal et le forcèrent à abandonner sa victime. Il était temps!

Nous trouvâmes le pauvre Indien à demi mort; les cornes du buffle lui avaient fait d’horribles blessures.

Nous parvînmes à arrêter le sang qu’il perdait à flots, et sur un brancard improvisé nous le transportâmes au village.

Ce ne fut qu’après de longs soins qu’il parvint à guérir; et mon ami l’Indien, mon protecteur, ne voulut plus que j’assistasse à une chasse aussi dangereuse.