Sebaste.

Dequoy me serviroit une pareille feinte?
Dequoy me serviroit elle, au vaillant fils d'Aminte?
En l'avoüant pour fils qui gagne plus que toy.
Et n'as que trop douté, croy moy Prince, croy moy.

Amintas. à part.

Il est vray que je trouve en ce noble visage,
De la Reyne & de moy, la ressemblante image,
O son fils! ô le mien! car je n'en doute plus,
Pardonne genereux à ton Pere confus,
Qui t'a long-temps haï sous le nom d'un Corsaire,
Et fait gloire aujourd'huy d'estre connu ton Pere,
Approche toy de moy sans haine, & sans courroux.
Viens dans mes bras, mon fils.

Orosmane.

Ou plustost qu'à genoux,
J'obtienne le pardon d'une aveugle ignorance....

Nicanor.

Il ne faut plus songer qu'à la réjoüissance;
Et vous, ô belle Elise, oubliez le passé;
Excusez les transports d'un courroux insensé,
Agréez un époux qu'un ennemy vous donne,
Et que mon Amintas soit celuy d'Alcionne.
Mais, Helas! sa blesseure au fort de mes plaisirs.
Fait sortir de mon coeur d'inutiles soûpirs.

Orosmane.

Si je perdois ainsi ce frere incomparable,
Mon ame de sa mort seroit inconsolable.