SOURCES
Timbs, Things generally not known, I, 144.—Leroux, Dictionnaire comique.—La Mésangère, Dictionnaire des proverbes français.—Bladé, Proverbes de l'Armagnac; Poésies populaires de la Gascogne, II, 266.—Folk-Lore Record, III, 76.—Champeval, Proverbes limousins.—Pitrè, Proverbi siciliani.—Reinsberg-Düringsfeld, Sprichwörter.—Dejardin, Dictionnaire des spots wallons.—De Colleville, Proverbes danois.—Revue des traditions populaires, V, 169, 350; VI, 167, 734; IX, 571.—Proverbes écossais communiqués par M. W. Gregor.—Larchey, Dictionnaire d'argot.—Blavignac, l'Empro genevois.—L.-F. Sauvé, Folk-Lore des Hautes-Vosges, 76.—Leite de Vasconcellos, Tradiçoes de Portugal, 133, 251.—Georgiakis et Léon Pineau, le Folk-Lore de Lesbos, 352.—G. S. Simon, Étude sur le compagnonnage, 80.—Ogée, Dictionnaire de Bretagne.—Cerquand, l'Imagerie dans le Comtat.—Les Français peints par eux-mêmes, II, 330.—Noëlas, Légendes foréziennes, 283.—Régis de l'Estourbeillon, Légendes d'Avessac.—Perrin, Breiz-Izel, I, 100, 112.—L.-F. Sauvé, Lavarou-Koz; Revue celtique, V, 186.—Frank, Contes allemands du temps passé, 264.—Quellien, Chants et danses des Bretons.—W. Gregor, Folk-Lore of Scotland, 57.—Grimm, Veillées allemandes, I, 298.—Folk-Lore Journal, II, 322;—Paul Sébillot, Contes des provinces de France, 293; Contes de la Haute-Bretagne, II, 255, 286.—Fouquet, Légendes du Morbihan, 163.—Luzel, Légendes chrétiennes de la Basse-Bretagne, II, 254; Contes de Basse-Bretagne, III, 63.—E. Cosquin, Contes de Lorraine, II, 95.—Grimm, Märchen, n° 114.—Monteil, Histoire des Français, V, 78.
[Illustration: UN TAILLEUR, VIGNETTE DE JAUFFRET. (Les Métiers.)]
LES COUTURIÈRES
Pendant le moyen âge, et jusqu'à une époque assez moderne, les couturières étaient en réalité des couseuses ou des lingères. L'existence, en tant que corporation, de femmes ayant le droit de tailler les vêtements ou de les coudre, ne remonte qu'à l'année 1675. Auparavant, les tailleurs possédaient seuls le privilège d'habiller les hommes et les femmes, et en 1660 leurs statuts mentionnaient encore expressément ce monopole. Ce n'était que par exception que les filles des maîtres tailleurs pouvaient, avant d'être mariées, habiller les petits enfants jusqu'à l'âge de huit ans. Quelques femmes entreprirent de faire des vêtements pour les dames; elles réussirent peu à peu à se créer une petite clientèle, et, d'après Franklin, vers le milieu du XVIIe siècle, elles étaient officiellement qualifiées de couturières. Mais avant de pouvoir exercer paisiblement un métier qui paraissait devoir appartenir à leur sexe, elles eurent à supporter de la part des tailleurs une guerre à outrance; ils les écrasaient d'amendes, faisaient saisir chez elles étoffes et costumes, et portaient plaintes sur plaintes au lieutenant général de la police.
Malgré tout, elles continuaient leur métier, parce que «l'usage s'étoit introduit parmi les femmes et filles de toutes sortes de conditions de se servir des couturières pour faire leurs jupes, robes de chambre, corps de jupes, et autres habits de commodité», et lorsqu'elles adressèrent au roi une requête tendant à faire ériger leur métier en corporation régulièrement autorisée, il y avait longtemps que dans la pratique elles étaient employées par les dames de préférence aux tailleurs. L'édit ne fit que donner une consécration légale à un état de choses qui était entré peu à peu dans les habitudes.
La Coquette, comédie de Regnard, représentée en 1691, est l'une des premières où les couturières figurent au théâtre; en voici quelques passages:
LE LAQUAIS.—Mademoiselle, voici votre couturière.
COLOMBINE.—Eh bien! Margot, m'apportez-vous mon manteau?
MARGOT.—Oui, mademoiselle; j'espère qu'il vous habillera parfaitement bien: depuis que je travaille, je n'ai jamais vu d'habit si bien taillé.