SOURCES

COUTURIÈRES.—A. Franklin, Les Magasins de nouveautés, 259.—Roux, Grammaire limousine, 141.—Dejardin, Dictionnaire des spots wallons, I, 206.—Paul Sébillot, Les Travaux publics, 41.—Lecoeur, Esquisses du Bocage normand, II, 299, 301, 318, 321.—A. de Nore, Légendes, etc., des provinces de France, 237.—Revue des traditions populaires, VIII, 176; IX, 219.—C. de Mensignac, Sup. de la Gironde, 133.—Communication de M. A. Harou.—Revue des traditions populaires, VIII, 176, 239.—Léon Pineau, Folk-Lore du Poitou, 287.—Reinsberg-Düringsfeld, Traditions de la Belgique, II, 57.—Loys Brueyre, Contes de la Grande-Bretagne, 161.—Paul Sébillot, Contes de la Haute-Bretagne, I, 303.—F.-M. Luzel, Légendes chrétiennes, II, 115.—A. Le Braz, Légende de la mort, 173.

DENTELLIÈRES—Mme Daimeries, La Dentelle en Belgique, Bruxelles (1895), 1, 13.—Mme Barry-Palliser, History of Lace, 46, 238.—Lefebure, Broderies et dentelles, 255.—A. Harou, Mélanges de traditionnisme en Belgique, 112.—Grivel, Chroniques du Livradois, 360.—Seguin, La Dentelle, 75, 159.—Revue des traditions populaires, IV, 368.—Reinsberg-Düringsfeld, Traditions de la Belgique, I, 395; II, 137.—Communication de M. Quarré-Reybourbon.—Schayes, Usages, croyances des Belges, 209.

MODISTES.—Mercier, Tableau de Paris, II, 126.—Ant. Caillot, Vie publique des Français, II, 213, 216.—Fournier, Histoire des enseignes, 249.—Fournier, Variétés historiques et littéraires, VIII, 223.—Restif de la Bretonne, Les jolies femmes du commun, III, 65.—Revue des traditions populaires, V, 51; IX, 684; X, 96.—Annuaire des traditions populaires, 1887, 80.

[Illustration: La Modiste, image tirée des Fleurs professionnelles (vers 1840).]

LAVANDIÈRES ET BLANCHISSEUSES

Le lavoir, qu'il soit en plein air, sur un bateau ou dans un de ces grands établissements qu'on voit à Paris, a toujours passé pour être l'un des endroits où les femmes donnent le plus volontiers carrière à la démangeaison de parler qu'on leur attribue; c'est là et au four qu'elles exercent principalement leur langue aux dépens du prochain.

L'auteur d'une petite pièce de 1613, le Bruit qui court de l'Espousée, ne trouve rien de mieux pour caractériser un cancan que de dire:

C'est l'entretien des lavandières
Et de celles qui vont au four
Qu'une dame depuis naguères
S'est fait demoiselle en un jour.

Dans le Bocage normand on raconte que des lavandières furent punies de leur médisance: «Un jour des femmes occupées à laver à un douet, voyant venir de loin sur son petit cheval un vieux médecin qui passait pour sorcier, se mirent à gloser à l'envi sur son compte, et les quolibets pleuvaient sur lui aussi drus que coups de battoir sur le linge. Les commères ne pensaient pas être entendues du vieux sorcier; mais son oreille était, malgré la distance, tout près de leurs lèvres, et il n'avait pas perdu un mot de leur édifiante conversation. «Bonjour, braves femmes, leur dit-il en passant, vous faites de bonne besogne, courage!» À peine s'était-il éloigné que saisies d'une fureur subite, elles se mirent à s'injurier réciproquement, puis, des paroles passant aux actes, elles se prirent aux coiffes et s'aspergèrent à l'aide de leurs battoirs et de leurs tors de linge. Ce furent ensuite de folles gambades au beau milieu du douet dont l'eau, soulevée par leur sarabande et leurs battoirs, les inondait comme un véritable déluge; elles auraient bien voulu s'arrêter, mais leurs pieds trépignaient malgré elles, leurs mains puisaient dans l'eau et se la lançaient au visage. Heureusement pour elles, le médecin sorcier revint. «Assez travaillé, allez vous reposer, maintenant, vous l'avez bien mérité», leur dit-il, avec un sourire; goguenard. Ruisselantes et toutes grelottantes de froid, elles purent alors regagner leur logis.