Dans l'Assommoir, Zola donne cette formulette, qui paraît d'origine populaire:
Pan pan, Margot au lavoir
Pan pan, à coups de battoir,
Va laver ton coeur
Tout noir de douleur.
Peut-être faisait-elle partie d'une chanson de lavandière. En Gascogne, les femmes qui lavent accompagnent la chanson qui suit du bruit des battoirs frappant en cadence; à chaque couplet on diminue de un le nombre des lavandières:
[Illustration: Le bavardage au lavoir, fragment du Caquet des femmes (XVIIe siècle).]
Nau que lauon la bugado
Nau.
Nau que la lauon,
Nau que la freton.
Bèro Marioun, a l'oumbro,
Bèro Marioun,
Anen a la hount
Hoèit que lauon la bugado, Hoèit, etc.
Neuf lavent la lessive,—Neuf,—Neuf la lavent,—Neuf la frottent,—Belle Marion, allons à la fontaine.—Huit lavent la lessive,—Huit, etc.
Dans les pays où les lavandières sont à journées, on prétend qu'elles sont difficiles à servir, et qu'il faut toujours qu'il y ait quelqu'un occupé à leur porter le linge, à leur donner de la soupe ou du café. La lavandière figure, au reste, parmi les personnages qui aiment à s'humecter le gosier; l'estampe de Saint-Lundi montre la mère Bonbec, lessiveuse, qui débite ce petit couplet:
Pour te fêter, sainte bouteille,
Je vendrais jusqu'à mon honneur,
Mais je suis si laide et si vieille
Qu'à mon seul aspect l'acquéreur
Soudain s'enfuit comme un voleur.
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