Sense la pego e lou lignò, Courdouniè noble dinqu'au cot.
Sans la poix et le ligneul, cordonnier noble jusqu'au cou.
Courdouniès pudentz Tiron lou lignol dab las dentz.
Cordonniers puants, tirent le ligneul avec les dents.
Cette accusation de sentir mauvais est ancienne; dans la Farce nouvelle très bonne et très joyeuse, qui date du XVIe siècle, le chauderonnier dit à un crieur de souliers, vieux houseaulx:
Qu'esse qu'il te fault,
Très fort savetier pugnais?
Lorsque dans l'ancien compagnonnage un ouvrier rencontrait un compagnon cordonnier, il lui disait: «Passe au large, sale puant». Dans le Loiret, les enfants poursuivent les savetiers de cette formulette: «Savetier punais, mal fait, contrefait, rhabille ma botte, gnaf.» À Marseille, ils font entendre devant eux le sifflement du Kniaff, en l'accompagnant du geste que les ouvriers en cuir font en cousant leur ouvrage. En Portugal, on crie:
Sapateiro remendão Bota-me aqui um tacão.
Savetier ravaudeur, jette-moi un talon.
L'attitude du cordonnier, qui travaille toujours assis, avait inspiré des sobriquets dans le genre de «cu cousu», ou «cu collé», qui est populaire en Haute-Bretagne.