Dans le centre de la Haute-Bretagne, pays de carrières de granit, une chanson que chantent les ouvriers des autres métiers assure que, de même que les cordonniers et les tisserands, ils ne commencent leur semaine que vers les derniers jours:

Les tailleurs de pierre sont pis que des évêques, (bis)
Car du lundi ils en font une fête.

Va, va, ma petite massette,
Va, va, le beau temps reviendra.

Car du lundi ils en font une fête
Et le mardi ils continuent la fête.

Et le mercredi ils vont voir leur maîtresse.

Et le jeudi ils ont mal à la tête.

Le vendredi ils font une pierre peut-être,

Le samedi leur journée est complète.

Et le dimanche il faut de l'argent mettre.

Une légende de Java, qui est empreinte d'une certaine philosophie, met en même temps en relief la puissance de l'ouvrier qui dompte la pierre la plus dure: Un homme qui taillait des pierres dans un roc se plaignit un jour de sa rude tâche, et il forma le voeu d'être assez riche pour pouvoir reposer sur un lit à rideaux; son souhait est accompli; il voit passer un roi, et désire d'être roi, puis d'être comme le soleil qui dessèche tout; un nuage l'obscurcit; il souhaite d'être nuage; il se place sous cette forme entre le soleil et la terre, et de ses flancs coulent des torrents qui submergent tout, mais ne peuvent ébranler un roc; il désire être roc; mais voici qu'un ouvrier se met à frapper la pierre avec son marteau et en détache de gros morceaux. Je voudrais être cet ouvrier, dit le roc, il est plus puissant que moi. Et le pauvre homme, transformé tant de fois, redevient tailleur de pierre et travaille rudement pour un mince salaire, et vit au jour le jour, content de son sort.