En avant le maillet d'acier,
Il donne une âme au bloc grossier.
. . . . . . .
À nous ces blocs énormes:
Notre bras sait comment
Du flanc des monts informes
On taille un monument.

Vers 1850, les ouvriers qui taillaient le grès, à Fontainebleau, chantaient une chanson dont voici deux couplets:

Tous les piqueurs de grès
Sont de fameux sujets,
C'est à Fontainebleau
Ce qu'il y a de plus beau.

Ah! si le roi savait
Qu'on est bien en forêt.
Il quitterait son beau
Château de Fontainebleau.

La chanson de compagnonnage suivante, recueillie dans les Côtes-du-Nord, exprime des idées analogues, et elle prétend aussi que les tailleurs de pierre sont au premier rang des ouvriers honnêtes:

On y sait dans Paris,
Dans Lyon, dans Marseille,
Toulouse et Montpellier,
Bordeaux et la Rochelle:
Tous nos plus grands esprits
N'ont jamais pu savoir,
Sans être compagnon,
Ce que c'est que l'devoir. (bis)

Vous voyez nos maçons
Le long de leur échelle,
Le marteau à la main,
Dans l'autre la truelle,
Criant de tous côtés:
Apporte du mortier,
J'ai encore une pierre,
Je veux la placer. (bis)

Et nos tailleurs de pierre,
Tous compagnons honnêtes,
Le ciseau à la main,
Dans l'autre la massette,
Criant de tous côtés:
Apportez-nous du vin,
Car nous sommes des joyeux,
Qui n'se font pas de chagrin. (bis)

À la porte de l'enfer,
Trois cordonniers s'présentent,
Demandent à parler
Au maître des ténèbres.
Le maître leur répond
D'un air tout en courroux:
Il me semble que l'enfer
N'est faite que pour vous. (bis)

Quant aux tailleurs de pierre,
Personne ne se présente:
Il y a plus d'dix-huit cents ans
Qu'ils sont en attente.
Il faut que leur devoir
Soit bien mystérieux,
Aussitôt qu'ils sont morts
Ils s'en vont droit aux cieux. (bis)