—Glorieux comme un barbier.
On trouve dans le roman de Don Pablo de Ségovie, un commentaire de ce proverbe.
Mon père était, selon l'expression vulgaire, barbier de son métier; mais ses pensées étaient trop élevées pour qu'il se laissât nommer ainsi; il se disait tondeur de joues et tailleur de barbes.
Le proverbe: «Tout beau, barbier, la main vous tremble,» fait peut-être allusion à un conte du Grand Parangon des Nouvelles nouvelles: Un barbier avait consenti, à la sollicitation d'héritiers avides, à couper le cou à un seigneur auquel il faisait la barbe. Il vint chez le gentilhomme et vit en plusieurs lieux cette devise: «Quoi que tu fasses, pense à la fin.» En mouillant la barbe du seigneur, il réfléchissait à la promesse qu'il avait faite, et il était ému: la main lui tremblait si fort que, lorsqu'il prit le rasoir pour faire la barbe, il n'aurait pas été capable de la faire. Le seigneur qui s'en aperçut, lui prit le poing, et lui dit: «Qu'est-ce là, barbier, vous tremblez? Par la morte bieu, vous avez envie de faire quelque mal!» Le barbier se jeta à ses pieds, lui avoua tout; les héritiers furent pendus, et lui l'aurait été, si le gentilhomme n'avait intercédé pour lui.
On a déjà vu quelques récits populaires où figurent les barbiers; dans les contes, ils ne jouent guère qu'un rôle épisodique, qui pourrait presque toujours être rempli par un personnage d'une autre profession. C'est ainsi que dans un conte dont on a recueilli plusieurs versions une princesse dédaigne le fils d'un roi. Celui-ci se présente au palais, déguisé, en se donnant pour un perruquier habile; il plaît tellement à la princesse, qu'elle finit par l'épouser; il l'emmène et lui fait exercer des métiers pénibles, jusqu'au jour où, la voyant suffisamment punie de ses dédains, il lui fait connaître sa véritable qualité.
SOURCES
Lemercier de Neuville, Physiologie du coiffeur, 56, 138.—Fournier, Histoire des enseignes, 135, 303. 157.—(Balzac) Petit dictionnaire des enseignes de Paris, 14.—Akerlio, Eloge des perruques, 161.—Lefeuve, Histoire de Paris, rue par rue, I, 505.—Mercier, Tableau de Paris, I, 58; II, 113; VI. 70.—Challamel. Histoire-musée de la Révolution (passim).—Timbs, Things generally not known, I. 124; II. 20.—Ant. Caillot, Vie publique des Français, II, 117.—Cambry. Voyage dans le Finistère (éd. 1836), 308.—Revue des traditions populaires. I. 327; IX, 503.—Sarcaud, Légendes du Bassigny champenois, 33.—Magasin pittoresque, 1836. 245; 1837, 401.—Chéruel. Dictionnaire des Institutions.—De Lamare, Traité de la police, II, 116, 335.—Communications de MM. Amédée Lhote, Eloy, Alfred Harou. Dieudonné, Lecoq.—Monteil, Histoire des Français, III, 247; V, 78, 122.—E. Cosquin, Contes de Lorraine, II, 100.
[Illustration: Une boutique de perruquier vers 1800, d'après une eau-forte de Duplessis-Bertaux.]
LES TAILLEURS DE PIERRE
Comme la plupart des ouvriers dont les travaux s'exécutent au dehors, ou tout au moins dans des chantiers où l'air circule librement, les tailleurs de pierre sont plus gais que les artisans soumis au régime de l'usine; ils chantent volontiers et leurs chansons, loin de refléter des idées tristes, parlent avec une sorte d'orgueil du métier et des qualités de ceux qui l'exercent; il est vrai que c'est l'un de ceux qui demandent de l'habileté manuelle, de la réflexion; le travail est assez bien rétribué, il est varié. Poncy a trouvé pour la chanson qu'il a composée sur eux un refrain assez heureusement inspiré: