À Liège, sainte Barbe était la patronne de l'ancien métier des couvreurs, comme elle l'est de tous les ouvriers travaillant la pierre.
Boileau, dans une lettre à Brossette, dit que les couvreurs, quand ils sont sur le toit d'une maison, laissent pendre une croix de latte pour avertir les passants de prendre garde à eux et de passer vite. Dans la satire sur les Embarras de Paris, il indique
Une croix de funeste présage,
Et des couvreurs, grimpez au toit d'une maison,
En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison.
Ce procédé est encore en usage en province; à Paris, le triangle ou la croix ont été remplacés par des planches posées en angle aux deux côtés de la maison; en outre, un jeune garçon ou un vieillard, armé d'une latte, écarte les passants qui seraient tentés de marcher sur l'endroit dangereux du trottoir.
D'après le Dictionnaire de Trévoux, on dit: «À bas couvreur, la tuile est cassée!» quand on commande à quelqu'un de descendre d'un lieu où il est monté. L'estampe des Embarras de Paris au XVIIe siècle, dont voici un fragment, donne cette variante: «En bas couvreur, vous cassez nos tuiles.»
[Illustration]
SOURCES
TAILLEURS DE PIERRE—Ch. Poncy. La Chanson de chaque métier.—Ph. Kuhff, Les Enfantines du bon pays de France, 280.—Revue des traditions populaires, VI, 170; VIII, 128; X, 98.—X. Marinier, Contes de différents pays, I, 321.—Monteil, Histoire des Français, II. 130.—A. Perdiguier, Le Livre du Compagnonnage, I, 20, 31.—C.-S. Simon, Étude sur le Compagnonnage, 86, 91, 104.
MAÇONS—Noëlas, Légendes forésiennes, 97, 121, 151.—Régis de la Colombière, Cris de Marseille, 175.—L. Larchey, Dictionnaire d'argot. —Paul Eudel, Locutions nantaises.—Ancien Théâtre français, IV, 363.—Magasin pittoresque, 1850, 50, 66.—La Bédollière, Les Industriels, 219, 222.—Revue des Traditions populaires, VI, 173, 698; VII, 194, 207, 454, 961; VIII, 178, 564; IX, 334; X, 158.—Ch. Thuriet, Traditions de la Haute-Saône, 131.—E. Lemarié, Fariboles saintongheaises, 32.—Paul Sébillot, Traditions de la Haute-Bretagne, II, 154.—E. Rolland, Rimes de l'Enfance, 321.—Communications de M. A. Harou.—Leite de Vasconcellos, Tradiçoes de Portugal, 250.—Mistral, Tresor dou felibrige.—Pitrè, Proverbi siciliani, II, 433.—Georgiakis et Léon Pineau. Folk-Lore de Lesbos, 347.—Tylor, Civilisation primitive, I, 124.—W. Gregor, Folk-Lore of Scotland, 50.—E. Lecoeur, Esquisses du Bocage normand, II, 343.—F. Daleau, Traditions de la Gironde, 49;—Ceresole, Légendes de la Suisse romande, 334.—Société des Antiquaires, IV (1re série), 397.—L. Brueyre, Contes de la Grande-Bretagne, 338.—Ch. Thuriet, Traditions du Doubs, 355.—Pitre, Fiabe popolari siciliani, III, 210.—J.-F. Bladé, Poésies françaises de l'Armagnac, 88.
COUVREURS—N. Quellien, L'Argot des nomades en Bretagne.—E. Lecoeur, Esquisses du Bocage, II, 344.—Grimm, Veillées allemandes, I, 309.—Communication de M. le Dr A. Corre.—A. Perdiguier, Le Livre du Compagnonnage, I, 60.—Revue des traditions populaires, X, 96.—Pluquet, Contes de Bayeux, 25.— Tixier, Glossaire d'Escurolles (Allier).—Amélie Bosquet, La Normandie romanesque, 477.