Quant lou tichnnè ba teche, Zigo zag, dab la naueto, Dou bèt hiu, dou fin hiu, Quauque goumichèt praquiu.
Quand le tisserand va tisser,—Zig zag avec la navette,—Du beau fil, du fin fil,—Quelque peloton par ici.
Lorsque, d'après la légende Ukrainienne, la Vierge descendit aux enfers, elle vit des hommes attachés aux poteaux avec les liens flamboyants; les diables leur déchiraient la bouche et y fourraient des pelotes, tandis que des fils sortaient de leurs yeux, et que leurs vêtements étaient en feu. Elle demanda à saint Michel: Quels péchés ont commis ces gens-là? Et saint Michel répondit: Ce sont les tisserands malfaiteurs; ils ont volé les toiles et la filature d'autrui; c'est pour cela qu'ils souffrent ainsi.
Si l'on ne dit pas des tisserands, comme des tailleurs, qu'il en faut sept pour faire un homme, on assure dans le Midi qu'ils ne sont qu'une moitié d'homme: Un teisseran es un miech-om, et l'on injurie un pleutre en lui disant: Seis pas un om, seis un teisseran. Ces deux dictons viennent sans doute de ce que le métier est parfois exercé par des boiteux. Un autre proverbe les associe aux chasseurs et aux pêcheurs, tous gens qui gagnent assez mal leur vie:
Sèt cassaire, Sèt pescaire, Sèt teisseran, Soun vin-t-un pouris artisan.
En Bourgogne, un dicton raille aussi leur pauvreté:
Taot cè grelu de tisseran, Don le fin pu riche n'é ran.
Une chanson populaire flamande, dont voici la traduction, met en scène des tisserands qui ne roulent pas sur l'or:
Quatre petits tisserands s'en allèrent au marché.—Et le beurre coûtait si cher!—Ils n'avaient pas le sou en poche.—Et ils achetèrent une livre à quatre.—Schietspoele (navette), sjerrebekke, spoelza!—Djikke djakke, kerrokoltjes, klits klets.
Et quand ils eurent acheté ce petit beurre.—Ils n'avaient pas encore de plats.—Ils prièrent la petite femme de partager leur petit beurre.